mardi 5 juin 2012

Du vert, du frais, du léger (30) Costa-Rica

Que c'est bon de passer les frontières! L'accomplissement méthodique des démarches administratives, le passage des étapes connues d'avance (d'abord la voiture, méticuleusement examinée, puis nous) me réjouissent. Il y a des jours où je ferais volontiers la queue aux guichets des administrations, remplir des formulaires et  ressentir le petit bonheur de la tâche parfaitement accomplie, éprouver un moment vidé de doute et d'angoisse.



Mais cette fois-ci, on ne comprend pas encore trop pour quoi, la queue à la frontière est interminable. Nous sommes déjà là depuis une heure. Le soleil brûle. Aujourd'hui était férié. Les travailleurs nicas, immigrés au Costa-Rica dans l'espoir de gagner au moins leur pain, retournent au turbin. Tiens, un flic. Il vient droit sur nous deux. "Puedo ayudarles a avanzar más rápido si quieren". Oui, nous on veut bien avancer plus vite, mais comment? et surtout, après une seconde, pourquoi? Chimi comprend tout de suite le comment, le pourquoi et il en est hors-de-question. Un groupe de ticos, de San José, accepte immédiatement. 

C'est certainement la chaleur, le soleil qui nous énerve, la certitude du mal puissant de la corruption: nous leur tombons dessus, tons sévères, regards de maîtres d'école de la IIIème République. On rit sous cape,  il faut bien passer un peu le temps. S'ensuit une discussion embarassante qui tourne presque mal: "oui mais vous, vous êtes mexicains, vous n'avez rien à dire". L'argument nationaliste entre dans le débat, nous sommes face à la folie.  Trois heures et demie plus tard, l'argent ne leur aura servi à rien, nous sommes tous à quelques pas du guichet. Ils nous disent adieu avec une chaleur qui cherche à compenser. Vous voyez finalement, "No pasó nada". Ils sont soulagés, mais nos sourires sont narquois. Relisez Kant les gars, l'intention suffit.



Nous sortons de ces heures sous le soleil à la fois lassés et plein d'optimiste. Au moins nous avons dit ce que nous avions sur le coeur, on se sent bien. Cette route au milieu des prés verts, c'est l'été, les vacances!  L'insouciance retrouvée! Nous ne campons pas trop encore, quelque chose nous retient, un je-ne-sais-quoi que nous écoutons. Alors ça sera ici. Un hôtel pour les routiers. Les lits grincent un peu l'après-midi, mais l'ambiance est joyeuse. C'est un peu l'Hôtel New-Hampshire d'Irving. Une grande famille. Lorsque nous arrivons ils sont occuppés à chanter au karaoké. Une famille qui s'amuse autant ensemble, ça donne envie de rester, à les regarder vivre, à essayer de comprendre.


Nous sommes là aussi parce qu'il faut en refaire (quoi? du biodiesel bien sûr). Dans ce terrain oú chacun fait ce qui lui plaît, notre machine peut turbiner sans souci. C'est sans doute pour ça que tout à coup, un conduit à son aise, explose: Chimi est couvert d'huile. La situation est drôle et désagréable. En tous cas il va falloir réparer cette machine.



Chimi m'épate. Il répare la machine. Je pense souvent que sans lui j'aurais déjà continué en stop.

Qu'il fait bon et qu'on est bien! Nous serions bien restés longtemps dans cette famille de fous. La capitale nous attend. Conférence dans deux jours. La barbe.







3 commentaires:

  1. oui les costa rica une autre ambiance...mon homme a beaucoup aime...la pluie moins...;o)

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  2. eh vous y etes jusque quand ?? J'y serai la derniere semaine de juin !!!!

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    1. Tiphaine, nous sommes rentrés au Mexique en juin 2009 :(

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